Mes montagnes ne sont pas des montagnes.

Mes montagnes sont des miroirs.

Mes montagnes ne reflètent que ceux qui s'y regardent.

Elles nous ouvrent à nos choix.

Il est des montagnes d'apparences,

Il est des montagnes de souffrances.

Versants de soleils ou combes d'ombres,

Montagnes d'été et sentiers de l'hiver.

Ceux qui y vivent ne sont plus de ce monde,

Ce sont les rivières qui creusent ses vallées,

Unissent ses versants.

Le chemin de l'eau, au coeur de la montagne, se nourrit de toutes les sources.

Souffrances et apparences sont bien du même monde

Et jouent à cache-cache dans les forêts de l'âme.

Les montagnes ne nous jugent pas.

Le jugement n'appartient pas aux montagnes.

Elles nous renvoient nos propres jugements

Ceux que l'on croit venir des autres.

Ma montagne est ce chemin d'hiver au plein coeur de l'été

Ma montagne est ce genêt d'été tapis sous les neiges de l'hiver.

Trolls et hommes s'y rencontrent et se ressemblent

Comme les deux faces d'un même visage.

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L'apparence et la souffrance, Dessin de Mathilde Leroy, 2006